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a Papillon, l'ours de Luz-Saint-Sauveur

a Papillon, l'ours de Luz-Saint-Sauveur

Les traces de « Papillon » se raréfièrent puis s’évanouirent dans la sylve, au point que certains émirent l’hypothèse d’une disparition du patriarche, mort de vieillesse.

À grands renforts de presse, un prétendu « spécialiste de la photo d’ours des Pyrénées » affirma même au mois de janvier dernier que le fauve était bel et bien mort. L’homme qui se disait catégorique n’en affichait pas moins une certitude limitée à 98 % ; il lui sera donc arithmétiquement concédé aujourd’hui 2 % de sérieux.

Mort de sa belle mort ou errant ici et là, «Papillon» fut quelque peu oublié tant les efforts des protecteurs de l’ours étaient alors de contenir une jacquerie opposant des éleveurs et un ours cette fois ci appelé «Luz» puisqu’il opérait en effet dans la vallée de Luz-Saint-Sauveur, et familièrement selon la terminologie des experts.

Honni pour ses attaques de moutons d’appellation d’origine contrôlée Barèges-Gavarnie, proies lâchement tuées au sein de troupeaux sans chien ni berger, mais aussi pour ses ascendances supposées balkaniques , donc sanguinaires (3), l’ours «Luz» fit les frais de multiples battues, de balles en caoutchouc tirées à vingt mètres au calibre 12 (4) et même - ce fut une première - d’un feu sensé le renvoyer d’où il venait. Mais d’où venait-il vraiment ? Le feu et le caoutchouc n’ayant pas suffit à raisonner cet animal, et devant les menaces de certains éleveurs de barrer les routes, de fermer les bureaux de vote mais surtout de supprimer l’ours, le ministre de l’écologie et du développement durable ordonna sa capture aux fins de lui poser un collier émetteur radio et d’introduire dans son corps un second émetteur, le tout pour tenter d’éloigner la bête de ses proies et calmer la fureur valléenne (5) . « Mais ils ne font que déplacer le problème » résuma un berger local (6) non encore rompu aux arbitrages du sustainable development de notre upper class qui, de colloque en symposium, clame sa foi mondialiste mais se trouve fichtrement incapable d’assurer la survie des plantigrades dans notre pays.


Texte extrait de Les secrets volés de Papillon de Stephan Carbonnaux


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