F'Murrr est un génie


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A la buvette


  • Buvettedescimes_1 Ma passion pour le Génie des Alpages a généré en moi un intérêt évident pour le pastoralisme, pour le fromage de brebis et pour la transhumance. Le frère de lait naturel de ce site est donc La buvette des alpages que je vous invite à consulter
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dimanche, 31 octobre 2004

Quel beau fusil !

Une fois n'est pas coutume, j'ai envie de réagir à l'actualité des alpages et de vous donner directement deux planches à regarder.

Ces deux planches sont à l'origine du nom du blog frère qui traite du pastoralisme : La buvette des alpages. En fait dans la BD Tonnerre et Mille sabots (le tome 7 du Génie des Alpages), elle s'appelle la buvette des cîmes et est tenue par Mariette.

F'Murrr s'est-il inspiré des idées noires de Franquin? C'est possible puisqu'il reconnait que Frankin et Hergé sont ses maîtres en BD. Toujours est-il que le chasseur attablé et grognon - il se plaint qu'avec leur sale parc, on ne tue plus rien! - va subir le même sort que les chasseurs dans les Idées Noires du créateur de Gaston. Celà se termine dans le sang, par un bon coup de fusil dans la gueule !

D'aucuns plus cultivés saisiront à l'instant l'allusion ! Et si vraiment vous ne voyez pas ... allez voir l'actualité du jeudi 21 et et du 27 octobre !

Baudouin de Menten

Tonnerre_et_mille_sabots_p20_1
Cliquez sur les planches pour les agrandir

Tonnerre_et_mille_sabots_p21

jeudi, 28 octobre 2004

F'Murrr par le kot BD à Louvain-La-Neuve

2035_1F’murrr lance Le génie des alpages en 1971 dans les pages du magazine Pilote. 33 ans plus tard, après 6 ans d’attente, sort enfin le treizième opus de la série intitulé « Cheptel maudit ». Cheptel ? Oui car les principaux protagonistes de la série sont 190 brebis (pas moins ) accompagnées du bouc Romuald, du chien (anonyme) et du berger Athanase Percevalve toujours vêtu de ses chandails… en laine bien sûr. Maudit ? Effectivement, avec 190 brebis beaucoup trop intelligentes pour se contenter de brouter naïvement et un chien philosophe refusant de garder son troupeau, le berger et quelques touristes de passage n’ont qu’à bien se tenir.

Cette série est unique en son genre. Elle est incontestablement humoristique mais d’un humour particulier : implicite. L’humour se retrouve dans les moindres recoins de l’œuvre : chaque élément du paysage, chaque mot, mise en case ou personnage participent à l’esprit délirant de la série. Avec un rien d’attention, certaines doubles pages apparemment sans gag se révèlent hilarantes dans le jeu des détails graphiques, trouvailles langagières et références en tous genres.

F’murr est un auteur complet. Il est à la fois un génie littéraire : scénariste inimitable adepte des calembours et des pastiches, un dessinateur efficace : dessin sobre, rappelant certains grands maîtres (mélange entre Mandryka et Will) et un coloriste qui, en plus du coloriage des planches N/B, nous offre quelques planches superbes en couleur directe.

Notre avis :

Cette série est un véritable bijou que, malgré son âge, trop de gens ne connaissent pas. Même si elle s’adresse à un public plutôt ado-adulte, elle est d’un abord rapide. Les connaisseurs seront ravis de ce nouvel album, ceux qui ne connaissent pas n’ont plus qu’à relire d’urgence toute la série!

Benoît – KOT BD – octobre 2004

F'Murrr au boulot (extraits d'interviews).

Fmurrr3Comment construisez-vous un épisode des Alpages ?
Je peux commencer par le début ou la fin, partir d'un dessin ou d'une idée de dialogue… Quand j'attaque mes deux planches, je ne sais jamais exactement ce qui va s'y passer. Parfois, le gag naît de la volonté d'introduire un nouvel élément dans cet univers déjà constitué.

Votre technique narrative s'apparente donc à du collage ?
Oui, mais dans la bande dessinée, c'est toujours du collage ! On met des images les unes derrière les autres, et même si elles n'avaient aucun rapport entre elles, elles finiraient nécessairement par produire un discours cohérent. Ce discours serait plus difficile à appréhender qu'un discours linéaire, mais il serait aussi plus intéressant. J'ajoute que je préfère les gags issus du dessin. Quand je pars d'un dialogue, je m'ennuie horriblement à devoir ensuite l'illustrer.

Comment caractériseriez-vous votre humour ?
Dans l'humour, je déteste la dérision. Lorsque je dessine les Alpages, je le fais sérieusement. Il n'est pas question que j'aille me moquer de quoi que ce soit. On peut être désinvolte, jamais dérisoire.

Votre style de dessin est tout sauf académique.
C'est vrai que je suis avant tout un autodidacte. J'ai bien sûr subi des influences. Lorsque j'ai commencé à dessiner, je m'intéressais surtout à Chaval. Je trouve également le travail de Hergé extrêmement enrichissant, car il utilise un dessin très clair, qui va à l'essentiel.
La personnalité s'exprime avant tout dans la possibilité qu'on a de s'adapter à son propre univers. La principale difficulté du débutant réside dans les surcharges. Il en fera toujours trop. Lorsqu'on commence, on a l'impression que l'on ne sera jamais pris au sérieux si l'on ne donne pas toujours plus que le nécessaire.

Franquin_1Quelles sont les bandes dessinées qui vous ont marqué ?
Quand j'ai commencé à dessiner, je regardais beaucoup Franquin. J'aurais voulu dessiner comme lui, ce qui était complètement utopique. Plus tard, à force de voir dessiner Tardi, que j'admire beaucoup, je suis revenu à Hergé. Je me suis rendu compte que je devais viser de ce côté-là et pas du côté de Franquin. Le trait rondouillard de Pim Pam Poum (où les animaux ont toujours l'air de baudruches) m'a certainement influencé aussi.

Vous vous dites influencé par de nombreux dessinateurs alors que votre trait est tout, sauf classique.
Le dessin est une écriture. Chacun la sienne. Certaines écritures se ressemblent, mais après il y a la façon dont on l'exploite. Chacun se construit son style. Pour ma part, je n'ai jamais véritablement réfléchi à la façon de le faire (...). Mon graphisme continue d'évoluer. Il y a eu une époque ou je fignolais trop mes dessins parce que je voulais obtenir un dessin propre "à la belge". J'ai renoncé à tout cela, et c'est heureux car je n'y serais jamais arrivé.

Est-ce par boutade que vous avez dit un jour que votre graphisme déroulait de votre myopie ?
Non, pas du tout. Je suis myope et je me suis refusé à porter des lunettes pendant très longtemps. Je percevais des masses assez floues plutôt que des formes précises.

Est-ce que vous achevez les deux planches au crayon avant de commencer l'encrage ?
Non, je travaille par strip et j'encre au fur et à mesure. Mais je reviens fréquemment en arrière pour rajouter des détails. En fait, je me passerais volontiers du crayonné. Le dessin au crayon me gêne, il brouille ma perception. Quand je gomme une planche, j'ai toujours de mauvaises surprises et je suis tenté de tout refaire.

L’histoire de Tonnerre et Millesabots, où Le retour de Paradoxe, le Grand Bélier

Tonnerre1_1Jour de pluie zet d’orage. Kraboum !
Tout le peuple de l’alpage est a l’abris de la pluie. Il pleut des cordes ! Le chien commence à raconter l’histoire de Tonnerre et Millesabots…

Tonnerre et Millesabots, ce sont les enfants de Paradoxe, le Grand Bélier. Ils règnent tout deux sur l’immense troupeau du ciel.
- F’est tous mes venfants, Fa !
Chaque année, ils s’abattent sur la montagne si nombreux qu’ils la recouvrent en son entier ! Mais, sous prétexte qu’un jour de l’hiver leur était dévolu, les gens du Clan Noël revendiquèrent le paysage blanc !!
- Notre père, le Grand Bélier Paradoxe nous accorda ce droit !
- Je me fiche du Grand bélier !
- Ca c’est dûr ! Ca va chier !
- Certainement, je vous attends !

Contact_franc_et_massif
En fait, ils n’attendirent pas longtemps…, la rencontre quoique placée sous le signe du contact franc et massif… fut totalement dénuée de sensualité ! Et aboutit au retrait du clan Noël qui renoncait à ses prétentions.
Romuald :
- Là tu fabules plutôt…
- Oui, mais que faire d’autre, un jour de pluie ?

(Extrait du tome VII du Génie des alpages : "Tonnerre, et mille sabots!")


Pouème exaltant le doux passage hivernal

Ours_hibernant
Adieu, adieu ! Je pars,
Mais je reviendrai
Je m’en vais céans dormir
Et laisser venir sur moi,
Ainsi qu’un drap,
La blanche couverture neigeuse
Tapoter mon oreiller de flocons
Mon matelas de mousse

Je m’en descendre
En un boyau obscur
Jusquesaux plus profonds
Estomacs de la montagne
Dont les sucs me dissoudront !!!
J’aurais l’air tarte si là,
Je me mettais à citer Tournier,
Car on sait bien
Que tel qui cite Vendredi
Dimanche pleurera

Adieu je pars
Puis je reviendrai au jour,
Et comme tous les printemps
Chaque montagne accouchera
D’un ours baillant

(Extrait du tome VII du Génie des alpages : "Tonnerre, et mille sabots!")

F'Murrr 's fan club

Fmurrr_fan_club

mercredi, 27 octobre 2004

Plan loup : deuxième loup abattu

Nous_starsAujourd'hui, ce site à reçu plus de visite que n'importe quel autre jour, bonne nouvelle.
Aujourd'hui, un deuxième loup a été descendu, mauvaise nouvelle !
Je suis désolé de voir que le dessin de F'Murrr paru dans "Eloge de la pentitude" est d'actualité pour la deuxième fois.
pour en savoir plus !Pourquoi avons nous peur du loup ?

Et pendant ce temps, ce brave G.W. Bush utilise le loup comme épouventail pour faire peur aux américains. Il y a du travail pour effacer l'image du loup dans l'inconscient collectif. Lire cet article vraiment très intéressant. Dans une semaine, nous aurons la réponse : On prend les même et on recommence ou on garde espoir?

vendredi, 22 octobre 2004

Plan loup: un premier loup tué

Horreurdelaconcurrence_2
Le plan loup prévoit "le prélèvement" de 4 loups en France. Une jeune louve de 18 mois a été "prélevée" hier, 21 octobre 2004. Voilà ce qu'en pense F'Murrr en un dessin, dans le style de Franquin.

Lire l'article en entier et d'autres réactions sur le sujet sur le blog "La Buvette des alpages".

jeudi, 21 octobre 2004

La confiture de F'murrr

Un quart de siècle après sa création, le Génie des alpages conserve l'humour savoureux de son auteur. Secrets de fabrication.

PUR PRODUIT du Pilote des années 70, F'murr s'est imposé à contre-courant comme un des grands créateurs de bande dessinée. Passant les mythes («Jehanne au pied du mur») et les gens («Le char de l'état») au crible de son humour absurde et ravageur, cet admirateur d'Hergé et Franquin est l'auteur, à 52 ans, d'une seule série, qui relate les tribulations d'un berger, son chien et ses moutons.

Le Génie des alpages en est aujourd'hui à son douzième tome. (12 au moment de l'interview, treize en juin 2004)

Lire la suite "La confiture de F'murrr" »

mardi, 19 octobre 2004

F'Murrr, le Génie

Pfpre_50_256
Dossier de Presse pour la sortie du Volume 12 du Génie des Alpages. Propos recueillis par Marie-Ange Guillaume. ABC d’air
A
Absurde
Je cultive l’absurde et le loufoque par goût personnel. Moins le sens est évident, plus je suis content. Je me méfie de tout ce qui est cadré et présenté comme une vérité monolithique . On ne peut approcher une vérité que par ce qui déborde. D’ailleurs, l’ethnologie et la philosophie ont intégré la notion de bricolage : les choses ne s’élaborent pas d’un seul tenant, toutes cuites.

B
Boussole
Je me souviens d’un album où Lucky Luke voit Rantanplan comme une boussole qui indiquerait toujours le sud. Il y a des gens comme ça : s’ils te présentent un copain, tu peux être sûr qu’il est infréquentable. Certains critiques de cinéma, aussi : s’ils détestent un film, j’y vais.

C
Collecque de chandeaux
Les bergers de l’Isère qui ont créé la revue L’Echo des alpages croyaient que j’avais été berger, avant. Toute fiction étant une arnaque, voir fonctionner l’arnaque sur des gens qui connaissent le sujet, c’est un plaisir.
(Mais leurs pulls étaient moins beaux que ceux d’Athanase, qui a la plus belle « Collecque de chandeaux » de toute l’histoire du tricotage. NDLR)

D
Dolly
On n’est pas loin de 1984 d’Orwell. Il y a tout un tas de prétendus scientifiques qui sont des vendus et des mégalos dangereux, prêts à te vendre des brebis clonées ou n’importe quoi d’autre. Ca marche à l’américaine : puisqu’il y a de la demande, c’est moral.

E
Erreur (cherchez l’)
Parmi ces brebis se cache un gentil extraterrestre plein de boulons, fiancé de Jehanne d’Arc. Cherchez-le :
Manivelle, Miette, Mandibule, Mouillette, Massachussette, Cassoulette, Canicule, Crapouillette, Particule, Blériotte, Anisette, Frisquette, Spatule, Gogolette, Poubelle, Côtelette, Obsolette, Andromaque, Houpette, Infarctule, Saint Thomas d’Aquin, Pompette, Clopinette, Trompette, @&ù£µµ@£, Bidule, Savonnette, Globule, Caramelle, Gamelle , Sanisette, Einstein, Claquette, Rondelle, Raquette, Clavicule, Popeline, Varicelle.

F
Filles
Jehanne, Naphtalène, les bergères, Lili FewFew, toutes les filles de F’Murrr sont craquantes.
C’est parce que je les décris sous leur jour favorable, sans les conséquences discutables de leurs comportements. De toute façon, vus de l’extérieur et de loin, les gens sont toujours plus drôles.

Franquin
Hergé est le meilleur prof si on veut faire de la bande dessinée. Franquin ne peut rien apprendre à personne : il est unique.

G
Grand prix d’Angoulême
Si je l’avais un jour, je le donnerais à un SDF ou à quelqu’un qui en a vraiment envie. En fait,ça implique surtout un an de boulot pour la promotion d’Angoulême. Et puis une fois, j’ai été en compétition avec Hugo Pratt. C’est comme si je l’avais eu. Mais pour tout dire, je n’y pense pas tous les jours.

H
Histoire
Dans Jehanne au pied du mur, F’Murrr déclare avec un certain culot : « Cette nouvelle histoire de Jehanne d’Arc, la bonne Vosgienne, annule toutes les précédentes ». L’histoire officielle est de toute façon très approximative. On trouve des historiens pour considérer les voix de Jehanne d’Arc comme un fait historique. C’est amusant, pour des scientifiques.

I
Inhibition
Une fille me disait : « j’aime bien les mecs inhibés comme toi ». grosso modo, ça voulait dire qu’elle me prenait pour une poire. En général, je laisse faire jusqu’au jour où c’est trop. Mais le plus rigolo, c’est que les gens comme ça sont très malheureux quand leur truc ne marche plus. Ils t’en veulent.

J
Japon
Ce que j’aime dans l’art japonais, c’est la perfection d’exécution, la rigueur. Ca ne bave pas ! Tout le monde devrait lire L’Eloge de l’ombre de, de Tanizaki. Il dit entre autres que ce qui fait la valeur d’un objet, c’est l’ombre qui l’entoure.

Journalisme
Le problème essentiel de ce métier : quand l’informateur suggère, le journaliste affirme.

K
Krazy Kat
C’est graphiquement superbe, d’un équilibre souverain. Mais ça sort du cadre BD, c’est du domaine de la poésie. Et pendant 30 ans, jusqu’à sa mort, Georges Herriman a connu les conditions idéales – un éditeur (William Randolph Hearst, le Citizen Kane d’Orson Welles) qui lui a dit, en gros : « Faites ce que vous voulez, aussi longtemps que vous voulez. »

L
Laxness
J’aime bien les écrivains scandinaves : Laxness, par exemple, c’est à se rouler par terre. C’est l’humour du désespoir, dans le dénuement le plus complet. Et aussi Lawrence Sterne, le roi de la digression. A la fin de Tristam Shandy, un bouquin énorme, il est tellement parti dans tous les sens qu’il en est toujours à raconter la première journée de son héros sur cette terre.

M
Marge
Ce qui est intéressant chez les scientifiques, c’est que beaucoup de leurs découvertes se font en marge, accidentellement : en cherchant un truc, ils en trouvent un autre parce qu’ils ont fait une erreur quelque part, la pénicilline, par exemple.

N
Normes européennes
L’Europe n’est sûrement pas en train de se construire comme certains l’espéraient. On va seulement devenir tributaires d’une nouvelle puissance invisible qui va nous imposer des normes destructrices. Ca va être l’occasion de liquider quelques acquis sociaux et de gommer tout ce qui dépasse.

O
Oxygène
Je me sens bien là où il n’y a pas de bagnoles. Mais j’aimerais mieux me sentir bien en ville : je suis né à Paris et j’ai besoin d’une atmosphère qui bouge. Je trouve l’idée de l’île déserte plutôt pénible.

P
Poubelles
Les choux gras de l’archéologie, c’est les poubelles. On a fait une grande fouille dans l’île de la cité et on a retrouvé tout ce que les gens avaient jeté parce que c’était cassé. C’est les poubelles qui retracent l’histoire.

Psys
Si j’étais parano, je dirais que les psys sont des flics : toujours en train de guetter le moindre lapsus.

Q
Quincaillerie
J’adore les quincailleries, pour le côté marché aux puces. J’ai envie d’acheter tous ces trucs avec lesquels on est censé fabriquer des objets. Je suis bricoleur quand il faut, mais pas très adroit. Comme tous les vrais bricoleurs, qui veulent fabriquer des choses ou les démonter « pour voir » et qui cassent tout.

R
Ridicule
Le ridicule n’existe pas en soi, c’est un truc social. C’est très différent du grotesque, qui est une forme de comique outré, avec quelque chose de monstrueux mais intéressant. Le ridicule n’existe que par le regard des gens, quand l’ironie gratuite leur tient lieu d’humour et d’intelligence. En humour, je déteste la dérision. Quand je fais les Alpages, je les fais sérieusement.

S
Simplicité biblique
L’absence de frime et de ficelles dans le dessin, c’est des années d’expérience. (Corto Maltese), par exemple.) Pour arriver à cette simplicité, l’idéal, c’est d’être à la bourre. Si on a le temps, on en fait trop parce qu’on a peur de ne pas en faire assez, de voler le lecteur.

T
Tout-public
Le chien s’énerve : c’est le quinzième éditeur qui lui renvoie son pattuscript, jugé, trop créatif ». Athanase lui conseille de faire du « tout-public ».
Dans la BD comme ailleurs, c’est ce qui pousse à côté qui est intéressant. Ce sont les accidents, les perversions, qui font avancer les choses. Mais les éditeurs n’imaginent que ce qu’ils connaissent déjà. Alors dans le doute, ils font du « tout-public ».

U
Uniforme
Quand j’étais petit, comme tous les gamins, j’étais séduit par l’uniforme – les soldats de l’Empire surtout. Maintenant, je trouve ça indécent. Quand je vois dans les gares, des gens en uniformes avec des armes, j’ai l’impression que Paris est occupé.

V
Visiteurs
Sur les Alpage, on rencontre de tout : un ange avec une crampe à l’aile droite, le Petit Prince, un troupeau de girafes vexées, Roland qui a paumé son Olifan, son Charlemagne, son chemin et sa Durandal ; le voyageur de commerce péruvien Ludovico Triguano (décédé), un nain de jardin, un Esquimau qui cherche son phoque, le phoque en question, une belle brune et une jolie rousse, un gnou (un chou et un hibou), et même un raton-vapeur.
Commentaire de l’auteur : il faut bien renouveler l’atmosphère.

W
Wagon
Le train me plaît bien pour travailler, et les bistrots aussi. Chez moi, il y a trop d’objets connus. Ca me perturbe. Je me concentre mieux sur un territoire étranger. Avant, j’aimais bien arriver pile au moment où le train démarrait et grimper dans le dernier wagon. Maintenant, avec les portes automatiques, on est coincé, comme dans un avion.

X
Xylographie
J’aime beaucoup la gravure sur bois, mais ça demande une vraie dextérité que je n’ai pas. Je le regrette. Ce qui m’intéresse, c’est le travail en série, avec les accidents de hasard de la reproduction. Et dans la BD, c’est l’objet imprimé, pas le dessin original.

Y
Yin-Yang
Le yin, c’est la passivité, Le Yang, c’est le mouvement. Les brebis naviguent aux deux extrêmes du yin et du yang – de l’avachissement à la frénésie.
C’est le principe de base : situ as un blanc, tu as forcément un noir. Je n’aime pas les partisans du gris. Et les gens qui se veulent tout blancs sans la moindre trace de noir en arrivent au terrorisme moral.

Z
Zizanie
Parano, mauvaise foi, hystérie, scène de ménage, crises et zizanie sont le quotidien des alpages.
C’est le ressort de beaucoup de comédies. Quand l’ordre dérape, tout le monde perd le contrôle et se met à dire des choses invraisemblables. Ca m’amuse beaucoup. Et plus il y a de monde, plus c’est drôle.