Comportement des ours d’origine slovène réintroduits en 1996-1997

Dossier de Concertation - Les Pyrénées avec l'Ours
Modalités techniques et administratives (2)

Prédation

Le nombre moyen de bêtes tuées ou blessées par attaque est le même pour les ours autochtones que pour les ours réintroduits en 1996-97 (environ 1,5 bête par attaque). Par contre le nombre d'attaques effectuées par les ours issus de la réintroduction est globalement plus important que celui concernant les ours autochtones présents en Béarn (Pyrén¬ées-Atlantiques). Ceci est à relier au moins en partie au système d'élevage ovin très différent entre les vallées d'Aspe et Ossau (Pyrénées-Atlantiques) où sont présents les ours autochtones (élevage pour faire du fromage de brebis qui implique la présence d'un berger permanent et le regroupement du troupeau chaque soir pour la traite) et les montagnes des Pyrénées situées plus à l'est (élevage extensif pour la viande avec troupeaux en pacage libre et souvent absence de berger permanent sur l'estive).

Il est à noter qu'un ours autochtone qui arrive dans une zone où les troupeaux ne sont pas protégés commet de la même façon des dégâts plus importants. En 1998, lorsque l'ours autochtone Camille a basculé sur le versant espagnol, les dégâts ont été importants. Le même phénomène a été constaté avec l'installation de l'ours autochtone Papillon en 2003 sur le secteur de Luz-Saint-Sauveur dans les Hautes-Pyrénées, où les troupeaux sont en pacage libre.

Inversement, l'ours Néré, d'origine slovène, responsable en 2000 de gros dégâts sur les troupeaux non protégés du secteur de l'Estibète (à la frontière entre les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques), n'a pas entraîné d'augmentation significative des dommages dans les troupeaux laitiers du Béarn depuis son arrivée en 2001.

Néanmoins d'autres facteurs pourraient également intervenir dans l'explication de ces différences: différences entre individus, modification du comportement individuel après une phase d'adaptation dans le cas des individus relâchés dans un habitat inconnu...

Comportement alimentaire

Les ours de souche slovène ne sont pas plus carnivores que les ours de souche pyrénéenne. D'après les analyses des excréments auxquelles il a été procédé, 68 % de leur composition est d'origine végétale, résultats comparables à ceux obtenus au cours d'études effectuées sur d'autres populations d'ours brun en France et en Europe (Italie - Parcs du Trentin et des Abruzzes, Espagne dans les Cantabriques, Grèce -Arcturos).

Comportement spacial

L'ours brun est une espèce à grand domaine vital. Les mâles adultes ont des domaines vitaux annuels de plusieurs centaines de km2 (400-1000 km2). C'est surtout lors du rut que les mâles adultes effectuent de grands déplacements à la recherche de femelles. Les femelles adultes ont des domaines vitaux annuels qui dépassent rarement 150 km2.

Suite au lâcher de 1996-1997, les ours réintroduits adultes ont été très mobiles mais se sont ensuite stabilisés sur un territoire donné. Ce type de comportement est observé lors de processus de réintroduction (exemples en Autriche et Italie) : les femelles et les mâles réintroduits dans un habitat nouveau ont des déplacements d'une amplitude similaire pendant les mois qui suivent le lâcher.
Les mâles subadultes (individus de plus de deux ans) issus de la réintroduction ou autochtones peuvent également effectuer de grands déplacements (supérieurs à 80 km) lors de leur phase de dispersion avant de s'établir sur un nouveau domaine.

Lorsque l'on superpose les zones occupées par les ours réintroduits et celles des derniers ours autochtones des Pyrénées centrales, on constate qu'elles se chevauchent fortement. De plus, les passages qu'utilisent Les ours réintroduits pour aller d'une vallée à l'autre correspondent aux passages qu'utilisaient les ours autochtones dans leurs déplacements. Autrement dit, le comportement spatial des ours réintroduits coïncident en grande partie avec celui des anciens ours pyrénéens.

Comportement d’hibernation

Le choix des sites de tanière et la chronologie de la dormance hivernale sont similaires aux observations effectuées dans le noyau autochtone du Béarn et dans d'autres populations d'Europe.

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