Le toit de l'Europe s'affaisse. Sous l'effet du vent, de la chaleur et de la sécheresse, le Mont-Blanc a perdu deux mètres depuis 2001.
Le Mont-Blanc, dont l'altitude avait été établie à 4 810,40 mètres en septembre 2001, ne mesure plus que 4 808,45 mètres. Ces résultats ont été obtenus par une équipe de scientifiques de l'Institut géographique national, d'étudiants, de géomètres experts et de guides. La marge d'erreur sur ce type de mesure se chiffre à 10 centimètres.
La chaleur et la canicule de l'été 2003 ont vite été invoquées pour expliquer la fonte de la calotte de glace recouvrant le mont. D'autres experts ont plutôt jeté le blâme sur la faiblesse des précipitations des six derniers mois. Sans accumulation de neige fraîche, la montagne perdrait de sa prestance. Le vent, qui a aplani l'arrête dominante du sommet, est aussi au banc des accusés.
Pour mieux suivre l'évolution du Mont-Blanc, le porte-parole du projet, Pierre Bibollet, a annoncé qu'une expédition serait désormais effectuée tous les deux ans. Grâce à des mesures GPS et à la prise de photographies, les scientifiques modéliseront en trois dimensions la calotte de glace et effectueront des comparaisons d'expédition en expédition.
Durant son périple, le groupe de scientifiques a aussi constaté un déplacement du sommet du Mont-Blanc en direction nord-ouest. Ainsi, le point culminant de l'Europe se trouverait aujourd'hui plus loin de l'Italie et plus près de Paris. Ce déplacement est toutefois bien modeste. On parle de 70 centimètres! Là encore, le vent serait responsable. En effet, la morphologie de l'arrête du sommet est telle qu'elle offre peu de résistance au vent, qui la modifie lentement.
Source : Cybersciences