15 mai 2008

Empreinte ours n° 4

Empreinte Ours est la lettre d'information semestrielle de l'Etat français sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées.

Edito 

Jean-Francois Carenco
préfet de la Région Midi-Pyrénées,
préfet coordonnateur du massif des Pyrénées

2008 est une année importante en ce qui concerne à la fois la politique pastorale pyrénéenne et celle liée à la préservation de l’ours. Le plan de soutien à l’économie agro-sylvo pastorale va prendre l’envergure que l’on attendait de lui avec la mise en place du dispositif intégré en faveur du pastoralisme. Cette mesure permet à la fois un soutien à l’appui technique pastoral, aux investissements pastoraux mais aussi à la gestion pastorale dans toutes ses composantes, y compris la protection des troupeaux contre les attaques de prédateurs.

Concernant plus spécifiquement l’ours, par sa visite à Toulouse à la fin juillet 2007, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État chargée de l’écologie, a montré sa volonté d’écouter l’ensemble des acteurs de la montagne. Les missions d’inspection qu’elle a demandées, menées dans une large concertation, vont rendre leur rapport à la fin mars 2008. Elles participeront à la proposition de pistes pour améliorer le développement des activités humaines, notamment le confortement des pastoralismes pyrénéens, et conjointement la préservation de la population d’ours de ce massif. En tant que préfet coordonnateur du massif pyrénéen, avec l’ensemble des services d’État compétents, je souhaite travailler avec tous, élus, représentants socioprofessionnels, pour que nous puissions parvenir à cet objectif dans un climat serein.

Jean-Francois Carenco

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Visite de la secrétaire d’État chargée de l’écologie
Lors de la réunion à Toulouse le 26 juillet 2007 avec les acteurs pyrénéens (élus, éleveurs, associations), Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État chargée de l’Écologie, auprès du Ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement Durable, annonce quatre mesures :

  1. l’évaluation rapide du plan de restauration de l’ours brun dans le massif pyrénéen. Cette mission confiée à l’inspection générale de l’environnement et au conseil général de l’agriculture, de l’alimentation et des espaces ruraux sera menée en concertation avec l’ensemble des acteurs locaux. Les résultats de ce premier bilan sont attendus fin mars 2008.
  2. une expertise du comportement de Francka qui était à l’origine de plusieurs attaques de troupeaux. Elle est maintenue, malgré la mort de l’animal, et reposera entre autres sur des études réalisées conjointement avec des experts internationaux. Elle pourra permettre d’améliorer le protocole de gestion des ours à problème.
  3. une mission de comparaison entre les situations rencontrées dans divers pays et de formulation de propositions pour une meilleure cohabitation entre activités humaines et ours dans les Pyrénées. Cette mission d’analyse devra prendre en compte les contraintes imposées aux élevages mais aussi les opportunités de valorisation économique liée à la présence de l’espèce. Des délégations composées d’élus, de représentants socioprofessionnels et de représentants de l’État se sont rendues en Espagne et en Italie en novembre et décembre 2007, en Slovénie et aux USA en février 2008.
  4. de nouvelles modalités de soutien au pastoralisme. Le Préfet de région Midi-Pyrénées est chargé de faire des propositions pour conforter cette activité.

La concertation continue
La semaine qui a suivi la visite de Nathalie Kosciusko-Morizet, M Alain Auvé, conseiller technique au cabinet du Ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables a rencontré les acteurs en se rendant dans chacun des départements du massif (le 31 juillet 2007 à Foix, le 1er août à Saint-Gaudens, le 2 août à Tarbes et le 3 août à Pau).

Au-delà de ces rencontres, d’autres réunions sur le massif ont eu lieu. Suite aux dégâts occasionnés par l’ourse Francka, éleveurs, élus et services d’État se rencontrent le 7 juin 2007 à Saint-Lary (Hautes-Pyrénées). Le comité de gestion de l’espace montagnard est réuni à Tarbes le 22 juin. Le 11 juillet et le 2 août 2007, Le préfet des Hautes-Pyrénées reçoit éleveurs et élus. Le 16 juillet, en marge du sommet franco-allemand à Toulouse, Mme Jouanneau, conseillère du président de la république, reçoit une délégation d’éleveurs.

Le travail engagé au cours de l’hiver 2006/2007 sur le diagnostic de vulnérabilité de l’estive de Melles s’est poursuivi avec une réunion d’échanges le 19 juin 2007 à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), à la chambre d’agriculture. Le 17 juillet 2007, le préfet de l’Ariège rencontre éleveurs et élus à Vicdessos. Une réunion a eu lieu le 24 août 2007 à Saint-Lary en Ariège avec le maire, les éleveurs et les services d’État au sujet des dommages causés par l’ourse Hvala. Les commissions d’indemnisations des dommages d’ours concernant la saison 2007 se sont tenues les 12 juin, 11 juillet et 13 novembre 2007 pour le parc national des Pyrénées, le 17 octobre 2007 pour les Hautes-Pyrénées, le 9 novembre 2007 pour l’Ariège, le 13 décembre 2007 pour la Haute-Garonne et le 17 janvier 2008 pour les Pyrénées-Orientales.

Le plan de soutien à l’économie agro-sylvo-pastorale pyrénéenne
Lors de la réunion du comité de pilotage du plan le 12 novembre 2007, les modalités de sa mise en oeuvre sont présentées aux partenaires. Il est indiqué que la protection des troupeaux contre les prédateurs fait partie intégrante des mesures de gestion des estives soutenues par le plan. L’arrêté concernant le dispositif intégré en faveur du pastoralisme est actuellement soumis à la signature conjointe du ministre de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables, du ministre de l’agriculture et de la pêche et du ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique.

Les oursons de Hvala sont des femelles
Les échantillons génétiques récoltés pendant l’année 2007 ont permis de déterminer le sexe des oursons de Hvala : il s’agit de 2 femelles. Le sexage a pu être effectué grâce à des crottes ramassées en juin et en octobre 2007 sur la commune de Melles, en Haute-Garonne.

Les oursons de Hvala sont des femelles
Le documentaire « Vivre avec les ours » écrit et réalisé par Michel Tonelli est sorti au mois de novembre 2007. Aux témoignages d’habitants de plusieurs pays d’Europe occidentale qui abritent une population d’ours, se mêlent des images rares et exceptionnelles des différents comportements de cet animal. Ce film a été produit avec le soutien du Ministère de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables, du centre National de la cinématographie et de la Région Midi-Pyrénées.

Associer le monde de la chasse
En partenariat avec les fédérations des chasseurs de Haute-Garonne et Pyrénées-Atlantiques, la Diren Midi-Pyrénées a élaboré un étui pour permis de chasser présentant des recommandations et des
consignes de sécurité utiles en cas de rencontre avec un ours. Au cours du mois de juillet 2007, cet étui a été diffusé à 13 800 chasseurs grâce à l’appui des fédérations départementales des chasseurs de l’Ariège, de l’Aude, de Haute-Garonne, des Pyrénées-Atlantiques et des Pyrénées-Orientales.

L’ourse Francka retrouvée morte
Le 9 août 2007, l’ourse Francka est retrouvée morte sur la RN 21 non loin de Lourdes dans les Hautes-Pyrénées. Elle a été percutée successivement par deux véhicules. Le 14 août 2007, le parquet de Tarbes confirme l’origine accidentelle de la mort de l’animal, grâce aux résultats de l’autopsie pratiquée par l’école nationale vétérinaire de Toulouse.

Les brèves ont été rédigées par Dominique Gentier et Évelyne Sanchis, direction régionale Midi-Pyrénées - Février 2008

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Plan ours : Après le renforcement, l’évaluation à mi parcours

Où en est le plan ours ? Qu’en pensent les acteurs de terrain, favorables ou non au maintien de cette espèce ? Comment cela se passe-t-il dans des pays qui accueillent aussi des populations ursines ? Autant de questions auxquelles deux missions d’enquête doivent apporter des réponses pour la fin mars 2008.

Lors de son passage en Midi-Pyrénées, le 26 juillet 2007, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État chargée de ’écologie, auprès du ministre d’État, ministre de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables, a confirmé qu’il était temps de dresser des premiers constats. La secrétaire d’État a alors annoncé la création de deux missions : l’une devant réaliser une évaluation à mi-parcours du plan 2006-2009 de restauration de l’ours brun dans le massif pyrénéen et l’évaluation préliminaire du plan 2007-2013 de soutien à l’économie montagnarde, l’autre devant comparer les situations rencontrées dans divers pays afin de proposer une meilleure cohabitation entre les activités humaines et les ours. Dans les deux cas, les conclusions doivent être rendues aux ministres concernés fin mars 2008.

Une large consultation … très constructive

Confiée à Éric Binet, inspecteur général de l’environnement et Alain Escafre, ingénieur général du génie rural des eaux et des forêts, la première mission s’est principalement déroulée durant les mois de janvier et février 2008.

«Notre mission a consisté à dialoguer avec le plus grand nombre de personnes concernées par les mesures de ces plans et par les dégâts d’ours, puis avec les responsables institutionnels et associatifs, nous a expliqué Éric Binet en cours d’enquête. Dans un premier temps, nous avons donc rencontré les éleveurs et bergers au plus profond des vallées.» Plus de 80 personnes ont ainsi été interviewées en Haute-Garonne, dans l’Ariège, dans les Hautes-Pyrénées et dans les Pyrénées-Atlantiques. En février, cette campagne d’entretiens devait s’étendre à l’Aude et aux Pyrénées-Orientales.

Par ailleurs, dans un deuxième temps, Éric Binet et Alain Escafre, ont rencontré de nombreux représentants socio-professionnels ou associatifs, ainsi que d’autres éleveurs et bergers. Sans dévoiler le contenu de leurs premières conclusions, les deux inspecteurs nous ont confirmé, début février, l’excellent accueil qui leur était réservé. «Nous avons trouvé de réelles conditions de dialogue, a souligné Éric Binet, et ce, quelles que soient les opinions de nos interlocuteurs

Le thème de l’ours, bien approprié à l’étranger

De leur côté, Denis Laurens et Georges Ribière, inspecteurs généraux de l’environnement, ont conduit une délégation composée d’une quinzaine d’élus, de représentants socioprofessionnels, de représentants associatifs de diverses sensibilités et de représentants de l’État, en Espagne (Asturies) et en Italie (Trentin) durant les mois de novembre et décembre 2007. Objectifs de ces voyages d’études : étudier des situations étrangères, en tirer des enseignements et enrichir la réflexion sur le territoire français. «La rencontre avec des homologues étrangers a passionné tous les participants, d’autant plus que les réalités sont souvent différentes, affirmait Denis Laurens avant que la délégation ne reparte en février pour la Slovénie. En Espagne, l’ours autochtone est très approprié par la population. Il est devenu un réel facteur de développement touristique. Dans le Trentin, territoire plus comparable aux Pyrénées, l’ours a été réintroduit sur la base d’une concertation étendue. Aujourd’hui, il y a toujours débat, mais les élus se sont fortement appropriés la question de l’ours.» Avant de rendre ses conclusions aux ministres, la délégation devait aussi se rendre en Amérique du Nord et mener une série de consultations dans les Pyrénées, en lien avec l’autre équipe d’inspecteurs.

Claude Faber
journaliste

Source : Empreinte ours n° 4 - Empreinte Ours est la lettre d'information semestrielle de l'Etat français sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées.

14 mai 2008

Xan de l'ours, La légende de l'homme sauvage

Marc Large, Préface de Renaud

La mythologie de l'ours

L’ours, l’autre de l’homme

En Yougoslavie, en Bulgarie, en Roumanie, dans les Balkans, chez les Aïnous du Japon, en Chine, en Corée, chez les Indiens d’Amérique du Nord comme plus près de chez nous au pays basque et dans les Pyrénées, l’ours est soit l’ancêtre de l’homme, soit un homme sauvage, soit encore un dieu !

Cet anthropomorphisme est très ancien et répandu dans plusieurs endroits du monde.
L’animal se dresse effectivement sur ses deux pattes arrières, tel un homme. Les Béarnais le nomment « lou pedescaou », le va-nu-pieds, ou encore « lou Moussu », le Monsieur.

Pour les Basques, c’est « Artza » tandis que les bergers sont « artzainak ». Mêmes mots pour les frères ennemis. Les deux surveillent les brebis.

La racine « Art » se retrouve dans le prénom du roi Arthur ou dans les noms des divinités Arthémis, Artehe, Artahe et Artio. Même l’Arctique doit sa dénomination à l’ours.

Les noms des villes de Madrid, Berlin ou Bern sont issus de l’ours. Le prénom Bernard par exemple veut dire « Ours fort ».

Dans les Pyrénées, cette omniprésence est frappante (Artz, Anso, Onso, Os, Ossau, Ous, Ossa, Onsera, Orsiana, Osera, Ursa…).

Le pic d’Ossau serait même, selon de très anciennes légendes, la tête tranchée de Jean de l’ours. Effectivement, penchez légèrement la tête et regardez cette montagne. Vous verrez la gueule souriante de l’animal.

De nombreuses variantes existent à propos de ces récits de « gens de l’ours ».
Partout dans les Pyrénées et dans plusieurs langues, du Juan ou Xan de l’Ours des Basques jusqu’au Joan de l’Os catalan, on retrouve l’histoire d’un enfant né de l’accouplement d’un ours et d’une femme. Un garçon velu comme son père. Toujours est-il que le rôle mythologique joué par l’ours est lié à la Fécondité, en Europe comme ailleurs.

Les nombreuses fêtes de l’ours, encore pratiquées, en témoignent. Ces carnavals hivernaux du Pays Basque au Roussillon mettent en scène le plantigrade sortant de son hibernation, annonciateur de la belle saison, du retour de la vie et de la chasse à l’ours. Le plus souvent, un homme revêtu d’une peau de l’animal mime une attaque sexuelle sur une jeune femme. Des chasseurs se jettent alors sur lui, le capturent et procèdent même parfois à son rasage. Dépourvu de son pelage l’ours ressemble à un homme devenu civilisé. Est-on ici témoins du souvenir de pratiques magiques des chamans de la préhistoire ?

Chez les basques, les enfants de l’ours et de la femme sont « Basajaun » ou « Basa yaun », les seigneurs sauvages, d’autres fois ce sont les « Mairiak » ou « Gentils », des géants païens.

Ils sont dans la tradition les bâtisseurs de dolmens et cromlechs du Pays Basque. Ces géants et leur déesse Mari, détenteurs d’anciens savoirs, ont disparu avec l’arrivée de la Chrétienté.

L’Église a œuvré à l’abandon des cultes animistes de ces anciens adorateurs de l’ours, des astres, de l’eau, des arbres et des pierres.

L’ours, premier dieu

L’une des plus anciennes traces de cette vénération de l’ours se trouve sur la colline de Lascaux, à 500 mètres de la célèbre grotte, au lieu dit « Regourdou ». Une sépulture néandertalienne vieille de 70 000 ans y a été découverte en 1957. Le corps de l’homme était couché sur le côté, en position fœtale dans une sorte de tombe formée d’une fosse dallée puis empierrée et couverte de sable et de cendres de foyer. Un mur sépare ce tumulus d’une deuxième fosse plus vaste et fermée par une grande dalle monolithe de 850 kilos. Celle-ci contenait les restes d’un ours brun !
Autour de cette tombe, les archéologues mirent à jour une vingtaine de petits caissons en pierre qui contenait des ossements d’ours.

Cette découverte n’a fait qu’enflammer un peu plus les passions, polémiques et rivalités qui existent entre les scientifiques qui défendent la théorie d’un culte de l’ours et ceux qui refusent cette idée.

Les premiers mettent en avant les trouvailles faites dans la grotte de Chauvet, avec ses crânes d’ours disposés en cercle. Plus étonnant encore, l’un de ces crânes est volontairement posé sur un rocher, tel une offrande sur son autel, au centre même de la salle.

Après la plus ancienne sépulture, tournons nous vers l’une des plus vieilles statues.
Là encore, il s’agit d’un ours d’argile modelée dans la grotte de Montespan, il y a 17000 ans.

Entre les pattes avant de l’animal, repose un crâne d’ourson.

Au Pays Basque, l’ours est représenté au centre des grottes d’Ekain et d’Isturitz.
A Ekain, curieusement, tous les animaux peints sont orientés vers la niche aux ours (artzei) où deux ours sont dessinés au crayon de manganèse.

Nous pouvons imaginer sans peine que l’ours était déjà un symbole d’immortalité. Les premiers hommes attentifs aux cycles de la nature, observaient l’ours qui, à l’approche des grands froids, disparaissait dans les entrailles de la terre. Quand l’animal regagnait sa tanière pour n’en ressortir qu’au retour des beaux jours, les néandertaliens puis les cromagnons voyaient peut-être là une préfiguration de la mort et de la résurrection. Peut-être est-ce pour cela qu’ils ont mêlé les ossements de leurs morts à ceux du plantigrade, espérant le retour des défunts accompagnés d’une nouvelle progéniture au printemps.

L’ours, premier dieu, symbole de résurrection et de fertilité a rendu l’Église méfiante. Elle s’est donc efforcée à faire la guerre à ce paganisme. D’abord en l’éliminant physiquement par des battues et tueries massives, comme celles menées par Charlemagne chez les Germains qui faisaient du plantigrade un animal totémique.
En Europe du Nord, l’ours est le roi des animaux mais pour le christianisme il s’agit du lion.

L’Église va donc ensuite représenter l’ours comme un animal soumis, l’incarnation de nombreux vices et la créature du diable. Ridiculisé, il devient une bête de cirque.
Mais l’aspect anthropomorphique de l’ours, son pelage, son amour maternel, son alimentation omnivore ont créé, depuis les temps préhistoriques, une relation curieuse et ambiguë entre les Pyrénéens et l’animal, qui a du mal à disparaître. Les nombreuses et très vieilles familles s’attribuant une ascendance ursine ont fait perdurer l’idée d’ourses allaitantes à qui étaient confiés des petits des hommes.
Si l’ours était le premier dieu d’un enfant préhistorique, il est aussi inconsciemment celui de l’homme moderne. Le premier compagnon du nourrisson, lien et transition entre la mère et le nouveau né, le nounours est aujourd’hui la peluche la plus vendue au monde.

Quand la réalité dépasse la fiction

Jean-Jacques Rousseau faisait allusion à ces hommes sauvages et « gens de l’ours » en 1754 dans son « Discours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes. » Linné classa ces enfants sauvages courant la montagne à la manière des isards, dans la catégorie de l’homo ferus. Il décrit des humains se déplaçant à quatre pattes, ne sachant pas parler et couverts de poils.

En 1776, l’ingénieur Leroy, chargé de la Marine royale et de l’exploitation des forêts d’Aspe, fait part dans son mémoire de ces êtres humains vivant à l’état sauvage dans les forêts d’Iraty et d’Issaux.

Il décrit un homme âgé d’une trentaine d’années, velu comme un ours, probablement atteint d’hypertrichose, maladie anciennement nommée le syndrome d’Ambras.
A cette même époque, on évoquait l’existence de femmes prises d’affection par des ours !

Marguerite Anglade, en août 1789, à l’âge de seize ans, fut agressée par un ours « parce qu’elle était dans son temps critique. » Magne de Marolles, par cette précision intime, fait référence à une ancienne croyance populaire selon laquelle l’ours aurait une attirance et une sensibilité particulières envers les femmes.

Dix ans plus tard, c’est le cas de Madeleine Roche qui est rapporté par le vicomte Louis de Dax. Il explique que l’animal la contemplait avec plaisir alors qu’elle était à une source de montagne. L’ours bondit sur elle, l’enlace et promène frénétiquement sa langue sur son visage, ses cheveux et sa nuque.

Une passion amoureuse qui se termine brutalement lorsque le berger arrive et frappe l’ours avec sa hache. D’autres récits plus tard encore, parlent de femmes suivies par le plantigrade.

La réalité a souvent dépassé la fiction, comme en témoigne l’histoire de la dame de Vicdessos.

En 1809, des chasseurs rencontrèrent dans la chaîne qui sépare le Couserans du pays de Foix, errant dans les rochers, une femme nue qui prit la fuite à leur approche !
Ils n’eurent de cesse de la retrouver, de la capturer et de la ramener au village de Suc.

Elle avait la peau tannée par le soleil et les cheveux très longs. Insensible aux averses et à la neige, buvant l’eau des sources, se nourrissant d’écorce, de racines, de baies, de fruits, de champignons et d’escargots, elle avait survécu secrètement dans les forêts voisines.

Il fallut l’attacher pour l’habiller tant elle laissait exploser ses colères et sa sauvagerie. On l’interrogea longuement mais elle restait muette. Cependant quand on lui demanda comment il était possible qu’elle avait survécu à la présence des ours, elle dit : « Les ours ? Ils étaient mes amis. Ils me réchauffaient ». Et ce fut à nouveau le silence. Elle parvient à s’échapper une fois de plus et disparaît un hiver entier, très rude cette année-là.

Au printemps, elle fût aperçue dans la montagne. Après une battue générale ordonnée pour sa captivité, elle fût ramenée à Vicdessos, puis à Foix où on l’enferma définitivement.

Eut-elle à subir l’agression de ses geôliers ? Toujours est-il qu’un matin, sans explication, un gardien déclara son décès. L’affaire fût classée sans suite.

Comment aurait-elle pu survivre à l’enfermement, elle qui avait connu les vents de la liberté qui soufflent sur les crêtes de montagne et les parfums enivrants des sombres forêts de l’ours ? A elle seule, elle figure l’instinct de conquête de la nature qui habite l’homme depuis son origine.

Frère de l’ours, à l’aube des temps, il est devenu son ennemi jusqu’à l’éradiquer presque totalement. Est-ce aujourd’hui trop tard pour le retour des vraies forêts, celles qui étaient hantées par l’ours, présence invisible et sang de la terre ?

Marc Large

Extrait de « Xan de l’Ours, la légende de l’homme sauvage » de Marc Large, préface de Renaud, Éditions Cairn.

Plus d'illustrations sur le site de Xan de l'Ours

Synopsis

Xan de l'ours, Marc LargeEn 1780, autour de Sainte-Engrâce, petit village isolé dans la montagne basque, une inquiétude monte parmi les habitants et les bergers. Tous sont convaincus de la présence énigmatique d’un homme sauvage dans les forêts voisines. Ils portent contre lui les pires accusations. Une très vieille légende basque parle en effet d’un être mi-homme, mi-ours, né à la suite du viol d’une bergère par le plantigrade.

Craignant pour la stabilité sociale de sa région, le gouverneur, lieutenant du roi dans le Pays de Soule, Mesnard de Clesle et le prêtre Haritchabalet établissent un rapport destiné au roi.
Intrigué, ce dernier missionne l’un de ses meilleurs naturalistes : Louis Jean-Marie Daubenton. Dès son arrivée aux abords des fabuleuses gorges d’Holzarté et Kakoueta, le scientifique se retrouve confronté à une population superstitieuse et mystérieuse. Il devra néanmoins retrouver l’homme sauvage, velu comme une bête, et apporter enfin une explication rationnelle à son existence. Il lui faudra comprendre une culture très différente de la sienne, parcourir des paysages fantastiques et surtout démêler une intrigue teintée de meurtres et de disparitions.

Présentation

Renaud : « Cette histoire est un hymne à la tolérance »

Le chanteur Renaud a des racines béarnaises et de la famille encore en vallée d’Aspe. Il est engagé en faveur de l’ours des Pyrénées depuis longtemps. Dans la préface de « Xan de l’Ours », il écrit :

« Le roman de Marc Large est construit autour de faits réels, de légendes basques et de certains personnages ayant réellement existé. Il a pour toile de fond, l’omniprésence de l’ours, animal fortement symbolique dans les Pyrénées Atlantiques. Le personnage central de l’histoire découvre peu à peu la part sombre de l’homme, sa bestialité et sa sauvagerie, tandis que paradoxalement, il trouve dans la nature la quiétude et bien d’autres sentiments rassurants. »

L’histoire démontre l’étrange rapport qui existe entre la légende de « Jean de l’ours » et de véritables récits d’hommes sauvages ! La légende de « Jean de l’ours », Xan pour les basques, est présente partout dans les Pyrénées depuis très longtemps. On retrouve des récits semblables dans beaucoup d’autres pays et continents. L’ours y est présenté comme l’ancêtre de l’homme, un dieu ou un homme sauvage. Toutes ces légendes racontent qu’un garçon velu serait né de l’accouplement d’un ours et d’une femme.

Or, la réalité dépasse la fiction quand on lit les témoignages de l’ingénieur Leroy en 1776 ou de Jean-Jacques Rousseau en 1754 qui parlent d’un homme se déplaçant à quatre pattes, ne sachant pas parler et couvert de poils ! Mais tout a une explication et ce livre en apporte une grâce à l’enquête menée par le naturaliste Daubenton.

Ce roman insiste sur les paysages fantastiques de la Haute Soule (Pays basque), et déroule essentiellement dans la nature. L’ours est la toile de fond de ce récit ! Un animal qui déchaîne les passions depuis toujours.

Bon voyage dans ces Pyrénées mystérieuses et sauvages !

Chien de Carélie, une bonne idée?

Le chien d'ours de Carélie,une arme fatale contre l'ours ?

Lors de son assemblée générale, un éleveur de l'ASPAP (l'Association pour la sauvegarde du patrimoine ariégeois pyrénéen) a présenté son chien de Carélie, venu de Russie comme une arme fatale contre l'ours ? «Un chien courageux, qui n'a pas peur du plantigrade et capable de le faire fuir jusque dans la commune qui l'a voulu, Arbas ! » se sont amusés les anti-ours raconte la Dépêche du Midi. Cette surprise va-t-elle révolutionner les séjours en Estive. L'ours n'a t-il qu'à bien se tenir? Adressons nous à des spécialistes.

Françoise Bivel, que pensez-vous de cet éleveur pyrénéen qui compte protéger son troupeau avec un chien de Carélie ?
Françoise Bivel : Je pense que les bergers ont fait une erreur. En effet, le Chien de Carélie n'est pas un chien de protection de troupeau mais un chien de chasse, ce qui sous entend une recherche active. Ce n'est pas parce qu'un ours s'approcherait du troupeau qu'il reconnaîtrait là la proie d'origine de son nom. Je pense même que je vais le signaler dans mon site. Il peut y avoir de sérieux problèmes de cohabitation avec les moutons et avec les autres chiens.

La Carélie est situé à la frontière de la Russie et de la Finlande. Quelles sont les caractéristiques de ce chien venu du Nord ?

Chien d'ours de CarélieLe chien d’ours de Carélie a un physique séduisant, mais il peut-être infernal s'il n'a pas une grosse activité physique. C'est un chien de chasse à fort caractère, qui ne vous pardonnera pas d’erreur d’éducation, pouvant devenir indépendant et vivre sa vie de son côté s’il n’y a pas assez de relation basée sur une activité commune.

Le chien de Carélie est un chien chasseur d'ours. Il est très courageux, et quelques rares chasseurs au sanglier l’ont adopté avec bonheur. Il nécessite par contre un rapport étroit avec son maître, pas d’être chien de chasse au chenil. Les chasseurs français doivent adapter leurs techniques à cette race, qui n'a pas les mêmes comportements que les chiens "de chez nous".

De nature équilibrée, un peu réservé, courageux et persévérant. Sûr de lui, Le chien de Carélie peut être agressif envers ses congénères, mais jamais envers les êtres humains. Son instinct de combat est fortement développé. Ce chien n'a pas grand chose du pur chien de compagnie. Il faut pouvoir lui apporter beaucoup de défoulement physique et d’accepter de soigner son éducation dès son plus jeune age avec des méthodes positives, pour modérer son caractère facilement autoritaire et décideur, sans quoi il rejoindra le lot des chiens à problème.

Le chien de Carélie a un fort tempérament chasseur et aucune éducation ne l’arrêtera s’il a pris une piste. C’est également un chien qui est souvent bagarreur avec ses congénères. Tout ceci en fait un chien difficile à sortir sans laisse en toutes circonstances, et pourtant c’est indispensable à ce type de chien actif ! C’est aussi un chien très observateur et malin, qui apprend vite à repérer une porte ouverte, ou comment les ouvrir.

Deuxième témoignage d'un autre éleveur de Chien de Carélie (Val des Granges) qui précise : "L'odorat du Le chien de Carélie est fin et précis. Il lui permet de débusquer le gibier dans tous types de terrains même très broussailleux. La façon de chasser du chien d'ours de Carélie est très particulière : Sa quête est silencieuse jusqu’à l’identification du gibier. Il adopte alors une attitude gardienne, tournant autour de lui et cherchant à le bloquer sur place. Il aboie lors jusqu’à l’arrivée de son maître."

Un autre éleveur espagnol : "Le chien ours de Carélie a un caractère inquiet et une grande énergie pour courir, sauter et surtout pour jouer. Il n'est pas conseillé de l'avoir à l'intérieur de la maison, car il mord tout ce qu'il trouve, mobilier et plantes, il a donc besoin de grands espaces afin de venir à bout de toute cette énergie.  C'est un fidèle gardien de son territoire, il imposera son caractère dominant aux autres chiens et il sera le dominant dans son groupe.

Le chien de Carélie doit être éduqué à partir de l'âge de trois mois car il est têtu et prend ses décisions de façon indépendante. Il ne faut pas le laisser décider par lui-même. Il doit être éduqué avec beaucoup de fermeté et il faut qu'il comprenne qui est le maître. Il a peu de défauts et il est très intelligent si on l'éduque correctement afin de développer toutes ses vertus dont son intelligence et son sens olfactif. Il est interdit de les battre. Il ne supporte pas la chaleur, il est à l'aise quand il pleut, dans le froid ou la neige. S'il entre dans un poulailler, il est capable de ne rien y laisser. Son avidité quand il poursuit une victime peut le mettre de mauvaise humeur s'il doit se déplacer sur un terrain difficile car il peut manquer d'agilité. "

Si le berger en question ne soigne pas particulièrement l'éducation de son chiot de Carélie, s'il n'y consacre pas un temps précieux et s'il ne possède pas des compétences certaines en éductaion canine, il est plus que probable que le résultat ne soit pas du tout celui escompté: des rapports conflictueux sont à prévoir avec les chiens de conduite du troupeau et avec les chiens de protection. Il n'est pas exclu que les autres animaux sauvages et même le troupeau en pâtisse et pas seulement les agneaux.

C'est a peu près ce que déclarait Alain Reynes (ADET) à la Dépêche du Midi  : «C'est incroyable ! Le chien de Carélie est un pur prédateur, un chasseur invétéré ! Il court derrière tout ce qui est à quatre pattes et qui bouge : marmotte, sanglier, chevreuil, ours. Il est très proche du loup, alors lui faire garder les moutons, c'est vraiment mettre le loup dans la bergerie ! C'est un carnage assuré. Nous connaissons très bien cet animal, puisque l'équipe ours elle-même en possède deux. Notamment pour pister les ours, suivre leur trace, et le cas échéant, pour l'effaroucher.

Le patou ou Montagne des Pyrénées a été sélectionné depuis toujours pour n'avoir aucune agressivité envers les ovins. Je ne comprends pas qu'une association qui revendique la protection du patrimoine d'ici refuse ce chien pyrénéen, qui précisément fait partie de notre patrimoine montagnard et qui a été dressé et sélectionné spécialement pour protéger les moutons. Utiliser le chien de Carélie contre l'ours est un acte de chasse contre une espèce protégée et c'est donc interdit

La suite lors du premier incident…

Photo : Françoise Bivel, www.danseavecleschiens.com

Symposium Live Coex 2008 à Luchon

Des ours, des loups et des hommes : Initiatives européennes pour la cohabtation et la valorisation

Du 15 au 17 mai à Luchon

Programme

Jeudi 15 Mai

OUVERTURE  DU COLLOQUE

  • 8h30 Accueil des participants
  • 9h20 Ouverture du colloque
    Discours d’ouverture par François Arcangeli (Maire d’Arbas, président de l’association Pays de l’ours – Adet) et Christine Sourd (WWF France)
  • 9H40 Présentation du programme Life COEX et synthèse des systèmes d’indemnisation des dégâts en Europe par Annette Mertens, Istituto di Ecologia Applicata (Italie)

LE SYSTEME FRANÇAIS : FONCTIONNEMENT ET CRITIQUES

  • 10H La stratégie de l’Etat pour améliorer la cohabitation Homme-ours dans les Pyrénées
    Evelyne Sanchis, Direction régionale de l’environnement de Midi Pyrénées
  • 10H20 Le point de vue d’un opposant (Intervenant à confirmer)
  • 10H40 Champions des mesures de cohabitation, champions de la contestation, éléments de compréhension du paradoxe français par Alain Reynes, Pays de l’ours – Adet
  • 11H PAUSE

METHODES DE PREVENTION DES DEGATS : LA DIMENSION HUMAINE

  • 11H20 Renforcement de la présence humaine sur les troupeaux ovins des Alpes françaises : bilan et perspectives du programme Pastoraloup par Jean-Luc Borelli & Yannick Giloux, FERUS
  • 11H40 Les Techniciens pastoraux itinérants : bilan de 10 années d’actions en zone à ours
    Frédéric Decaluwe & Gérard Rolland, ONCFS - Equipe Technique Ours
  • 12H Les équipes d’urgence « Ours » en Croatie
    Djuro Huber, Faculté vétérinaire de Zagreb (Croatie)
  • 12H20 DISCUSSION
  • 13H DEJEUNER

LA PROTECTION DES TROUPEAUX

  • 14h20 Les méthodes de protection traditionnelles et modernes mises en œuvre dans le cadre du Life COEX en Espagne par Belén Pliego, Fundacion Oso Pardo (Espagne)
  • 14H40 Cohabitation homme-ours dans le Trentin : 30 ans de gestion
    Claudio Groff, Provincia Autonoma di Trento (Italie)
  • 15H Modes de conduite des troupeaux : analyse et optimisation pour diminuer les risques
    Blandine Milhau et Gilbert Guillet, La Pastorale Pyrénéenne (ex ACP)
  • 15H20 DISCUSSION
  • 16H PAUSE

CHIENS DE PROTECTION, CHIENS ERRANTS

  • 16H20 Elaboration de tests comportementaux pour les chiens de protection adultes
    Marie-Catherine Leclerc, Institut de l’élevage & Pascal Cacheux, La Pastorale Pyrénéenne (ex ACP)
  • 16H40 Le statut juridique du chien de protection
    Alexandre Meybeck, Ministère de l’Agriculture et de la Pêche
  • 17H La mise en place et le suivi des chiens de protection, les spécificités pyrénéennes
    Cyprien Zaïre, La Pastorale Pyrénéenne (ex ACP)
  • 17H20 La problématique « chiens errants » au Portugal
    Silvia Ribeiro, Grupo Lobo (Portugal)
  • 17H40 – 18H20 DISCUSSION

Vendredi 16 mai

ATELIERS DE TERRAIN

  • 8H30 : Au choix (à préciser à l’inscription) :
    Pastoralisme : Démonstration Chiens de troupeaux (conduite et protection)
    Ecotourisme : Sortie terrain « Ecotourisme » avec un accompagnateur en montagne du « Pays de l’Ours » (prévoir tenue et chaussures de montagne)
  • 12H : DEJEUNER

GRANDE FAUNE & ECOTOURISME EN EUROPE

  • 13H Une définition de l’écotourisme Spyros Psaroudas, Callisto (Grèce)
  • 13H20 Programme d’écotourisme et valorisation des produits du Parc National des Abruzzes Daniela D'Amico, Parc National des Abruzzes (Italie)
  • 13H40 L’écotourisme lié au loup : méthodologie et résultats des premières expériences portugaises Clara Espirito-Santo, Grupo Lobo (Portugal)
  • 14H Impact économique des grands prédateurs pour les populations locales en Bulgarie
    Aleksandar Dutsov (Bulgarie)
  • 14H20 Le réseau des Professionnels du « Pays de l’Ours »
    Alain Reynes, Pays de l’Ours – Adet
  • 14H40 Entre tourisme et science, le projet
    Altaïr-nature Frantz Breitenbach, Altaïr-Nature
  • 15H DISCUSSION
  • 15H40 PAUSE

POPULATIONS LOCALES ET GRANDS PREDATEURS    

  • 16H La perception des grands carnivores en Europe : éléments de synthèse
    Jean Paul Mercier, Pays de l’ours - Adet
  • 16H20  Le Plan de gestion de la population d’ours bulgare : un exemple de concertation
    Alistair Bath, Memorial University of Foundland (Canada)
  • 16H40 Cohabitation ours et loups en Slovaquie : solutions envisagées depuis la restauration de ces populations par Robin Rigg, Slovak Wildlife Society (Slovaquie)
  • 17H Etude sur le vécu des populations rurales dans les zones de présence des grands prédateurs en Albanie Alexandër Trajçe, PPNEA (Albanie)
  • 17H20 – 18H DISCUSSION

Samedi 17 mai

LA VALORISATION DES PRODUITS AVEC L’IMAGE DE L’OURS EN FRANCE

  • 9H L’ours et la valorisation des productions locales pyrénéennes
    Evelyne Falguière, Midi marketing
  • 9H20 Le fromage fermier des vallées à ours : Pè Descaous
    Jérôme Ouilhon, FIEP Groupe Ours Pyrénées
  • 9H40 Le broutard du Pays de l’Ours
    Catherine Lacroix, Estive du Pays de l'Ours
  • 10H PAUSE

L’EXPERIENCE ETRANGERE

  • 10H20 Les produits labellisés « Ours » : un outil pour améliorer l’acceptation locale en Croatie - Djuro Huber, Faculté vétérinaire de Zagreb (Croatie)
  • 10H40 La valorisation des produits locaux avec l’image du loup au Nord du Portugal
    Maria Ana Borges et Clara Espírito-Santo, Grupo Lobo (Portugal)
  • 11H  DISCUSSION
  • 12H DEJEUNER

BILAN DU PROGRAMME LIFE COEX : ANALYSE ET PERSPECTIVES

  • 14H - 17H Présentation et analyse des actions Life COEX
    menées dans les différents pays concernés par le programme Life Coex : Italie, Portugal, Espagne, Croatie et France.
  • DISCUSSION : Bilan & perspectives

Mon analyse

Mauvaise foi

Le programme me semble sérieux et varié. Il sera intéressant de partager l'expérience des intervenants issus de tous ces pays qui cohabitent avec l'ours. Mais pour Louis Dollo : "L’analyse du programme de ce symposium n’a rien d’extraordinaire et n’apportera pas grand-chose à la connaissance." Il cite des éleveurs opposés à la présence de l'ours : «Ils n’en font pas beaucoup plus que nous au cours de nos fêtes de transhumance» ou cet autre «on en voit autant à la fête des côtelettes de Luz et encore c’est plus festif.» Réduire ce programme à un souper merguez me semble de la plus parfaite mauvaise foi.

Quand je vous disait que leur stratégie consiste à ce présenter comme des spécialistes qui en connaissent plus que tous les scientifiques réunis. Comment Louis Dollo peut-il juger d'une phrase assassine la qualité du contenu et des intervenants d'un colloque avant même qu'il aie commencé?

La manipulation médiatique des ultrapastoraux perturbée

Il est clair que l'organisation d'un tel colloque ou les intervenants issus de plusieurs pays (France, Italie, Croatie, Portugal, Espagne, Grèce, Bulgarie, Canada, Slovaquie) perturbe la manipulation médiatique locale et nationale des associations ultrapastorales pyrénéennes qui depuis 2 ans cherchent à faire croire à la population française que la cohabitation est impossible. Alors un colloque avec des témoignages multiples qui prouve le contraire, c'est génant, surtout au milieu de leur chasse gardée que sont les Pyrénées. Il est pourtant logique qu'il soit organisé dans les Pyrénées et pas à Bergues, non? Mais la rancune est tenace.

Lors des colloques organisés par les associations de "défense du patrimoine pyrénéen", aucune personne n'est venu pertuber l'organisation d'une manière ou d'une autre. Vu le discours de Philippe Lacube repris par Louis Dollo qui parle d'«une nouvelle provocation des pro-ours», de «mettre le feu» et de «base chauffée à blanc contre les importateurs d’ours», on peut s'attendre au pire. Mettre le feu, ils connaissent, on l'a vu à Arbas ou plusieurs d'entre-eux ont été condamnés pour celà.

Pourtant le discours fausement angélique de leurs responsables et les lettres d'avertissement au maire de Luchon cachent mal une intention de nuire. Louis Dollo titre même «Le symposium écolo aura-t-il lieu à Luchon ?» Comme il est introduit dans le cercle fermé des dirigants ultrapastoraux et qu'il est en bonne partie, avec Bruno Besche Commenge, à la base de leur stratégie de communication, son titre ne doit pas être interprété comme une simple et naïve question mais plus que probablement comme l'annonce de troubles qu'ils espèrent suffisament intenses pour empécher la tenue du symposium organisé par l'ADET et le WWF qualifiés "d'importateurs d'ours", la prétendues source de leurs malheurs.

Nouveaux troubles à l'ordre public

D'autre part, il est intéressant de remarquer que plusieurs agents des renseignements généraux ont suivis et suivent d'ailleurs toujours les différents groupes impliqués dans la problématique de l'Ours des Pyrénées (éleveurs et chasseurs aussi d'ailleurs) avant la tenue de ce colloque comme ils font fait dans le passé avant les lâchers d'ours.

Si les dirigeants d'associations n'appellent pas officiellement aux troubles, il ne fait aucun doute pour ceux qui les connaissent que sous la table et par leurs écrits, les encouragements de la base sont pour le moins implicites. Ils laisseront faire avant de dénoncer mollement les excès et en expliquant qu'il faut les comprendre comme l'a dit le président de l'ADDIP «Diverses informations nous parviennent aujourd’hui selon lesquelles certaines actions « coup de poing » se prépareraient autour de cette manifestation, actions que nous ne cautionnons évidemment pas mais que la situation de désespoir vécue sur le terrain rend prévisible. » Bref, les dirigeants d'associations pastorales s'en lavent les mains, n'ayant aucune crainte de la justice. Rappelons qu'une grande collecte de dons organiser par l'ASPAP à permis de payer les amendes des casseurs d'Arbas. La mentalité reste la même pour ces non fréquentables militants extrémistes de la cause pastorale.

Le colloque réunira 140 personnes de 18 pays européens, dont une personne de la Commission européenne, un directeur de Parc national italien, des universitaires, techniciens d'administrations et d'associations. Pas vraiment de quoi menacer la quiétude et l'ordre public à Luchon, pourtant, les responsbales des associations d'éleveurs ont déjà trés officiellement écrit au Préfet et au Maire pour leur demander d'annuler le colloque pour des raisons de ...sécurité publique ! C'est vrai qu'ils sont très bien placés pour connaître les personnes qui pourraient perturber.
Les opposants à l'ours sont entrain d'instituer l'interdiction de s'exprimer des défenseurs de l'environnement dans les Pyrénées.

Et avant que je ne publie cette page, l'actualité se précise ...

Quatre feux dans une ville des Pyrénées avant un colloque sur l’ours

TOULOUSE, 13 mai 2008 (AFP) - Quatre feux de pneumatiques ont été recensés par les gendarmes dans la nuit de lundi à mardi à Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne) où est prévu cette semaine un colloque européen sur l’ours, a-t-on appris de sources concordantes.

Ces feux ont été allumés dans plusieurs endroits de Bagnères-de-Luchon et un autre a eu lieu près de la statue florale d’un ours à Montauban-de-Luchon, commune limitrophe de cette station thermale des Pyrénées, a indiqué la gendarmerie. Celle-ci a ouvert une enquête et n’exclut pas un rapport entre ces feux et la tenue du colloque sur l’ours, prévu du 15 au 17 mai. (Remarquez la prudence, mais quoi d'autre?)

Selon La Dépêche du midi, les incendies volontaires ont eu lieu entre 23H30 et 0H30 à l’entrée de la ville, devant les thermes et le casino où se déroulera le symposium Life Coex 2008 intitulé "Des ours, des loups et des hommes : initiatives européennes pour la cohabitation et la valorisation".

Pour François Arcangeli, président de l’association Pays de l’ours - Adet, un des organisateurs du colloque, celui-ci "est un échange d’expériences avec différents pays européens sur les initiatives qui favorisent la cohabitation". "On se réunit pour trouver des solutions, pour que les choses se passent bien et il assez paradoxal de nous le reprocher", a-t-il souligné.

La tenue de cette réunion dans les Pyrénées d’experts de 18 pays est cependant perçue "comme une provocation" par les anti-ours, selon le président de l’Association de défense de l’identité pyrénéenne (Adip), Francis Ader. "Nous avons décidé de ne rien organiser comme contre-manifestation mais nous avions prévenu que ce symposium serait vécu par les opposants de base comme une provocation et qu’effectivement il pourrait y avoir des actes, mais pas de dégradations", a-t-il prévenu.

Cette réunion intervient une dizaine de jours après la première attaque d’ours en 2008. Huit brebis ont été tuées près de Bagnères-de-Luchon, probablement par un des ours slovènes lâchés du 25 avril au 22 août 2005. Eleveurs et élus locaux s’étaient fortement opposés aux lâchers de ces cinq ours dans les Pyrénées françaises dans le cadre d’un plan de restauration et de conservation décidé par le ministère de l’Ecologie. Deux de ces plantigrades avaient été tuées accidentellement en 2006 et 2007. (Le bla bla habituel pour recadrer l'info...)

Le maire de Luchon qui est aussi une des cibles de anti ours pour avoir accepté une réintroduction sur son territoire a réagit : «Je trouve ces actes inadmissibles et je redoute une montée en puissance. Mais cela ne m’empêchera pas de prendre mes responsabilités. Ce n’est pas ce genre d’exaction qui peut me faire fléchir. Luchon n’est pas une ville de non droit ». 

Lire le récit des dégradations sur le site de FERUS

13 mai 2008

La buvette est ouverte

Les ultrapastoraux n’ont pas le moral : le bilan à mi-parcours va sortir, les boycotts vont-ils payer ? Les ours sont de sortie dans les estives abandonnées, les pro-ours font des colloques scientifiques et Nathalie Kosciusko Morizet désire un "Groupe national Ours" ! J'imagine déjà les réactions des associations ultrapastorales et de leurs scientifiques et zournaleux divers zé variés : Louis Dollo, Bruno Besche Commenge, Laurent Garde et autres Allègre de tous poils.

Tout faire pour empêcher la création d’un groupe national ours

Empécher la création d'un "Groupe national Ours" où eux, les seuls proprié taires de la montagne, les demoiselles de 2008, les zabitants de la montagneu ; soutenus par de zélés zélus seront noyés dans les nombreux représentants des ministères (tous à la solde du WWF et de FNE!), des associations zoolâtres écologistes (comme dit Frédéric Nihous) financées par les précédents.

Décrédibiliser le rapport officiel à mi parcours

Décrédibiliser Nathalie Kosciusko Morizet (quelle c.. celle là!) qui décidément n’a rien compris aux vraies conclusions à tirer des voyages dans les pays où il y a des ours (Asturies, Trentin, Slovénie, Montana). C’est évident que les bonnes conclusions de ces voyages couteux (ne pas oublier couteux) sont celles des associations qui les ont… boycottés : Ils étaient inutiles !

Aucune situation n’est transposable dans les Pyrénées. Ils sont uniques. Expliquer que la cohabitation harmonieuse est d’ailleurs tout aussi impossible ailleurs, même s’ils n’étaient pas du voyage. Cohabiter n’est pas dans le vocabulaire pentu : gérer pacifiquement une cohabitation pastoralisme-prédateurs, c’est impossible! Dommage que Nathalie Kosciusko Morizet ne semble pas de cet avis. Il va falloir recommencer toute l’argumentation à partir de zéro. Ach Dommache, dommache.

Pondre leur propre rapport à mi parcours

Ils vont nous pondre la version ultrapastorale du « bilan à mi-parcours » et c’est évident que la pauvre Nathalie Kosciusko Morizet  va en prendre pour son grade. Rien que du mauvais. Faut tout refaire ! Jean Lassalle au Ministère de l’Ecologie! Il va falloir ridiculiser le raffort des associations FERUS, WWF et Pays de l’Ours-ADET, des zoolâtres vendus, des idéologues aux comportements psychiques douteux comme dit Frédéric Nihous. Il est bon ce Nihous quand même !

Fédérer les montagnards

Se réunir avec les ultrapastoraux alpins. Mais comment font-ils là bas, loin des Pyrénées, pour se battre dans le «Groupe national loup»? Puisqu’il va falloir luter contre ce nouveau "grand machin national" où ils n’auront plus toute la parole comme dans LEURS montagneu. Il faut s’inspirer de leur expérience. Allez les bergers alpins, Allez le CERPAM, les pyrénéens ont besoin de vous. Faut vous réunir et aplanir vos différences dans l’adversité nouvelle.

Choisir son modèle

Vu que la «régulation» programmée des loups n’est pas efficace (pas cons les loups), il ne leur reste que le modèle du braconnage pour réguler les ours, comme en Autriche. Heureusement là-dessus, ils peuvent compter sur l’aide des fidèles de Nihous et de la justice. Mais les chasseurs ne seront pas suffisant, ce qu’il va falloir demander c'est la régulation à l’estive, le plomb pastoral du berger aux prédateurs, sans intermédiaire.

Agiter les réseaux

Communiquer via tous les canaux, écrire à tous les pontes au pouvoir : "Cher Président Sarko" ; "Cher Monsieur Borloo" et aux autres même plus loin, à Bruxelles où lelobbying est en bonne voie. Ecrire poliment mais fermement. Nous, les vrais montagnards qui sommes là depuis toujours ne désirons pas d'un Groupe national Ours ou sinon on met le feu à la montagne et nos troupes ne nous obéiront plus, y a qu’à voir comment cela va se passer au colloque de Luchon. De la provocation ce colloque d'ailleurs, des scientifiques qui viennent parler de nos affaires sur nos terres. Nous, les chefs, sommes contre les troubles, mais faut comprendre la base. Ils sont déprimés et incontrôlables, même si nos instructions et mots d'ordres officiels sont sages. Ils vont rameuter tous leurs contacts de Presse pendant que les petites mains mettront le trouble sur les routes. C'est déjà commencé parrait-il.

Louis Dollo, le zournalon avait pourtant bien prévenu dans "Le symposium "écolo" aura-t-il lieu à Luchon?" (Lourd'Infos), je cite :

[ "Mais pour d’autres éleveurs plus radicaux, c’est une affaire de symbolique. «Venir nous provoquer dans nos montagnes, il n’en est pas question» nous dit un ariégeois. Et celui-ci de la vallée de la Garonne «on leur mettra le feu».

Mettre le feu! L’affaire a été jugée suffisamment sérieuse pour que le président de l’ADDIP ait pris l’initiative de prévenir le maire de Luchon et diverses autorités dont le Préfet de la Haute-Garonne dans un courrier datant du 22 avril dernier. Nous pouvons y lire notamment : «Alors que  les ours (les plus grands carnivores d’Europe), lâchés contre la volonté des habitants, attaquent sans cesse les troupeaux, entraînent des pertes importantes d’animaux. et mettent en danger l’avenir du pastoralisme et de toute agriculture de montagne, la tenue d’un tel rassemblement  sur une commune du massif pyrénéen est ressentie par beaucoup comme une énième provocation des associations pro-ours

Plus loin, le Président Lacube (sic) précise : «Diverses informations nous parviennent aujourd’hui selon lesquelles certaines actions « coup de poing » se prépareraient autour de cette manifestation, actions que nous ne cautionnons évidemment pas mais que la situation de désespoir vécue sur le terrain rend prévisible.» Nous pouvons imaginer que cet éleveur ariégeois par ailleurs porte parole de l’ASPAP est particulièrement bien informé sur les intentions de ses troupes. Même s’il ne les approuve pas, nous pouvons déjà penser qu’il les comprend. Même son de cloche du côté du luchonnais Francis Ader ou de la bigourdane Marie-Lise Broueilh. A l’évidence, ces dirigeants responsables (resic) souhaitent rester dans la légalité et agir pacifiquement malgré une base chauffée à blanc contre les «importateurs d’ours»

Dans cette lettre que nous avons pu consulter (NDLB: C'est peut-être lui qui l'a écrite!), il est également dit  que «A l’heure où les conclusions de l’évaluation du plan ours sont attendues avec beaucoup de détermination par les populations de ce massif ; à l’heure où son avenir est suspendu à la décision de l’état de continuer ou pas le plan ours, la colère des Pyrénéens monte dans les vallées de voir certains venir théoriser sur l’ours chez nous, dans les Pyrénées.» ]

La fête est annoncée et les renseignements généraux infiltrent les réunions pastorales. Chateaubriand a écrit "La forêt précède les peuples; le désert les suit."

Montrer la biodiversité pastorale

Faire découvrir la vraie biodiversité, la biodiversité pastorale : toutes ces races de bêtes laineuses qu’on oublie, toutes ces jolies plantes qui poussent au milieu des crottes de brebis. Le grenelle ne parlait-il pas de «Toute la biodiversité est concerné par cet enjeu, à commencer par la biodiversité ordinaire, celle de tous les jours, celle qui n’est pas nécessairement protégée» comme… les brebis. A la bonne heure !

Et ce vilain Stéphan Carbonnaux payé par FERUS qui ose écrire dans le rapport à mi parcours des associations : «Une forêt naturelle de plusieurs milliers d'hectares abrite plus de dix mille espèces, très loin devant les milieux "ouverts" et notamment les alpages. En montagne, c'est elle, le principal gisement de biodiversité.» Chez nous c'est pas des alpages, c'est des estives, ce n'est pas pareil, c'est plein de bonne biodiversité. C’est l’ensauvagement de la montagne qu’ils désirent? Cela commence par les ronces et les orties pour se terminer par une forêt primaires pleines de bestes sauvages sans aucun fromage d’AOC ni progrès bio, ni le moindre développement durable.

Le retour en arrière

Et qu’adviendra t-il de nos beaux paysages pelés transformés en greens pentus par des années de passage de dents aiguisées et de sabots infectés? Qu'adviendra t-il de nos rotondités vosgiennes mises à nu par des années de feux pastoraux non maîtrisés? Vont-ils redevenir des forêts avec rien que des hêtres et des sapins ? Quelle mauvaise biodiversité que voilà alors que la nôtre est riche zé variée!

Produire

La crise alimentaire pointe son nez, alors laisser pousser des arbres au milieu de nos zones de production, vous n’y pensez pas. Produire! Il faut produire PLUS! Plus de brebis, plus de fromages de brebis, plus de gigots de brebis. Nous allons mettre fin à la faim dans le monde, les bergers pyrénéens sont pour le développement durable et généreux : plein de merguez à vendre pour la Birmanie et la Chine! Encore faudrait-il que les néozélandais ne les précèdent pas pour la moitié du prix.

Des réserves

La vraie solution aux vrais problèmes, c’est de caser toutes ces sâles bestioles sauvages derrières des grilles gérées par nos amis zélus locaux. Et comme cela coute bonbon, faut faire petit, comme à Borce avec plein de touristes pour faire plaisir à François Arcangeli et admirer les 3 oursons de cette année. Sont c… les touristes aussi.

La PAC

Et la crise agricole, elle vient d’où mon bon Monsieur? De la PAC (c’est le WWF qui l’a rédigée!), de Nouvelle-Zélande (merci la politique du Rainbow-Warrior! ) et de l’Ours. Mais pourquoi n’ont-ils pas lâché des ours herbivores? Fabius, revient!

Noyer le poisson

La crise agricole, les dégâts mal remboursés, les spécialistes qui refusent de rembourser les tracteurs en cas d’attaques de prédateurs, l’équipe technique ours qui fait rien que d’envoyer des hélicoptères et des armées de fonctionnaires grassement payés par les contribuables pour desserrer le collier de Balou qui attrape le gros cou.

Mais de l'ours, il ne faut plus en parler, c'est dépassé. Surtout, caser l’ours en fin de rapport, en quelques lignes après les théories sur le développement durable, la Politique agricole commune, la crise ovine et le reste, histoire de reléguer l’ours dans les détails de l’histoire, ou mieux encore, l’oublier, ne plus en parler! Et hop, le but sera atteint : la mort en toute discrétion, dans l'indifférence générale et par braconnage du dernier ours des Pyrénées. Pas grave puisqu’il n’est pas en danger dans le reste de l’Europe. Ils n’ont qu’à les accepter dans le bois de Boulogne ah! ah! ah! (rire gras)

Tous ces bons arguments bio bien médiatisés par leurs grands scientifiques, par Lourdes-Infos, Kairn, par l’IPHB de Didier Hervé et les autres spécialistes de la communication bien placés à TF1 et à la Dépêche-du-Midi et le tour sera joué. Fastoche.

Stratégie

Les ultrapastoraux et autres grands défenseurs du patrimoine à béret vont parler vert, penser vert, communiquer vert, parler du Grenelle de l'environnement, de durabilité, de développement économique, de territoires de montagnes, de terroirs et de traditions, de biodiversité ordinaire. Ne vont-ils pas organiser leur propre grand colloque, leur anti-Luchon ? Ils vont adopter le langage Ipéhachebé (IPHB) cher à Jean Lassalle, montrer qu’ils s’intéressent à plein d’autres choses beaucoup plus importantes que l’ours et qu’ils en savent au moins autant que les responsables d’associations sur la nature et l'économie, si pas beaucoup plus! Pour preuve : la cohorte de scientifiques bardés de diplômes qui les soutiennent. Ce sont ces malades d’écologistes monomaniaques qui reviennent tous le temps avec ce sujet dépassé. Avec la mort de Cannelle, l’ours pyrénéen n’existe déjà plus, point barre. Et si on parlait de progrès et de développement des zones de montagne, des nobles traditions des hommes des montagnes.

Exemple de la langage Ipéhachebé :« Nous sommes d’accord sur la nécessité de se mettre d’accord sur une méthodologie devant aboutir à un constat partagé avant de prendre quelque décision que ce soit. Je suis pour la sortie du sur place. » Jean Lassalle, président de l’IPHB, Conseil de gestion patrimoniale, 12 novembre 2003

Les bergers ayatollah descendent des estivesVous allez voir, ils y viennent déjà puisque plus c’est gros plus cela marche. Les français devraient se frotter les yeux, les ultrapastoraux les manipulent. Les bergers ayatollah descendent des estives. Allez, on rouvre la Buvette. Non peut-être?

Paco Boya et l'ours dans le Val d'Aran

Interview (1996) de Paco Boya, à l’époque maire adjoint de Les, par JL Mongauèr (Radio Pais) reprise par le magasine Era Setmana. (*)

« Paco Boya adjoint au maire "Unitat d'Aran" de Les pense que l'existence de l'Ours peut être une bonne occasion de réfléchir à l'aménagement touristique du Val d'Aran.

Paco Boya Paco Boya dit qu'il faut faire attention de ne pas trop bétonner ce qui risquerait de tuer le tourisme. Mais la responsabilité appartient à l'administration catalane qui s'est dispensé de mener une négociation avec les population directement touchées. "Ici pour l'instant ceux que l'on a entendu le plus ce sont ceux qui sont contre l'Ours. Mais on ne peut pas dire qu'il y ait eu des manifestations d'opposants et qu'il y en ait qui veuillent tuer, c'est exagéré(...) L'administration n'a pas été très intelligente au moment de commencer ce projet de réintroduction.

Nous pyrénéens avons tué l'Ours pendant toute notre histoire, jusqu'à l'avoir pratiquement fait disparaitre de nos montagnes. Alors ce n'est pas très facile de parler de le réintroduction quand il y a des gens qui l'ont tué pendant des années.(...)

Il fallait faire un effort de pédagogie, bien expliquer les projets et les bénéfices, s'il y en a, que peut apporter la réintroduction. Nous avons eu les informations trois mois avant et certaines promesses n'ont pas été tenues. Nous avons vu aussi comment les villages côté français ont reçu plein d'argent pour la réintroduction.

Alors il est normal que les gens, surtout les paysans et les chasseurs, et la population en général ait montre son désacord à la réintroduction, de l'Ours.(...)

Au niveau touristique, je crois que les villages qui ont mis en place le projet de réintroduction de l'Ours on fait un projet interressant. Celui d'essayer d'aménager un coin des pyrénées avec une nature intègre et bien conservée.

Alors, à partir de là mettre en place une stratégie touristique, faire attention à un tourisme qui recherche des lieux spécifiques et qui soient au niveau de la nature intègres, je pense que cela peut être une bonne publicité..."

(La Setmana est un hebdomadaire entièrement en langue occitane de 12 pages créé en 1995 par David Grosclaude)

Déterrage d'un autre âge

Manifestation contre la vénerie sous terre à l’occasion du Championnat de déterrage de blaireaux à Cluny (Saône et Loire), le samedi 17 mai 2008 à 14h30

Déterrage des blaireaux ClunyLes 16, 17 et 18 mai 2008 prochains est programmé à Cluny (Saône-et-Loire) un Championnat de France de déterrage de blaireaux.

La pratique du déterrage, ou vénerie sous terre, consiste à acculer le renard ou le blaireau par des chiens au fond de son terrier, puis à creuser une tranchée avec des pelles ou autres outils de terrassement, pour le saisir après plusieurs heures de stress à l’aide de pinces métalliques. Il est alors soit tué au poignard, comme le veut la tradition, soit relâché, mais bien peu survivent. De toute façon, le terrier est détruit. Cette chasse se déroule tout à fait légalement en France 10 mois sur 12, y compris en période de reproduction !

Ces pratiques barbares et inutiles doivent cesser et la pratique du déterrage doit être interdite. En belgique, mais également en Grande- Bretagne, Italie, Irlande, Espagne, Grèce, Pays-Bas et au Luxembourg, le blaireau est protégé.

Aujourd'hui, en France, rien ne justifie une telle persécution de cet animal et le maintien d’une période de chasse complémentaire (15 mai-15 septembre) qui se rajoute aux 6 mois d’ouverture générale de la chasse. Le développement de ce mode de chasse au cours des dernières années fait craindre le pire pour cet animal dont l’état de conservation se dégrade.
Le combat contre ce mode de chasse particulièrement cruel et qui ne tient pas compte de l’état des populations est un combat très important. C’est pourquoi nous contactons tous nos adhérents  le 17 mai à Cluny. Il nous faut absolument une forte mobilisation. C’est la seule chance que nous avons de pouvoir faire avancer ce dossier.

Votre présence à nos côtés et aux cotés d’une vingtaine d’autres associations,  à Cluny, le 17 mai 2008, pour dénoncer ce championnat de la honte et de la cruauté et demander l’interdiction de la pratique de la vénerie sous terre nous, est indispensable.

Le rassemblement se fera à 14h30, à Cluny, place du Champ de foire (à l'ouest de la ville).

Le succès de cette manifestation, donc les chances de faire aboutir notre revendication dépend de la mobilisation de chacun d’entre nous. Nous ne serons entendus que si nous sommes nombreux ! Faites circuler l’information autour de vous. Venez en famille et avec des amis, la manifestation sera sécurisée. L’ASPAS sera présente sur place avant le début du cortége et pourra vous remettre banderoles et panonceaux pour porter haut et fort nos revendications pour le respect du vivant.

Nous comptons sur votre détermination et votre militantisme.
Venez nombreux!
 
Pierre ATHANAZE
Président de l’ASPAS
Crest, le 7 mai 2008

Dominique Voynet contre le déterrage des blaireaux

Dominique Voynet, la sénatrice verte se mobilise contre le championnat de France de la discipline prévu mi-mai à Cluny. Plusieurs associations s'émeuvent de l'organisation à Cluny (Saône-et-Loire), d'un championnat de "déterrage" de blaireaux, dans le cadre d'une fête de la chasse. Dominique Voynet proteste à son tour dans un communiqué intitulé "Déterrage de blaireaux : protéger la biodiversité, en finir avec une cruauté inacceptable".

"Alors que la plupart de nos voisins européens ont classé le blaireau parmi les espèces protégées, la France persiste à l'autoriser, par arrêté ministériel", s'alarme l'ancienne ministre de l'environnement. "Le déterrage est une pratique gratuite, violente et destructrice de la biodiversité, continue-t-elle, qui consiste à arracher violemment l’animal de son terrier, à l’aide de chiens et de tenailles métalliques, avant de l’abattre avec une arme blanche. Même en période de reproduction et d’élevage des petits, les blaireaux sont menacés par des agissements qu’il serait honteux de qualifier de « sportifs » ou de « régulateurs » des espèces animales, d’autant qu’il ne se justifie pas par les dégâts, minimes, imputables aux blaireaux."

En conclusion, Dominique Voynet demande au ministre de l'Ecologie et au préfet de Saône-et-Loire (entre autres élus) d'annuler ce championnat et d'interdire "une fois pour toutes ces pratiques". Elle appelle en outre les écologistes à signer une pétition lancée par plusieurs associations disponible sur le site abolition-deterrage.

Le préfet de Saône-et-Loire, Michel Lalande, a assuré il y a quelques jours que les animaux ne seraient "pas tués" lors de ce championnat et que leurs terriers seraient "reconstitués". Il a annoncé également qu'il y aurait une présence renforcée des agents de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) pour veiller auprès des organisateurs de ce concours, au respect de ces dispositions.

de la Buvette des alpages Pour les blaireaux, celà leur fait une belle jambe. La buvette s'associe aux associations qui manifestent contre le déterrage des blaireaux. Le dessinateur de l'affiche semble s'être inspiré du dessin de F'Murrr que j'ai utilisé comme logo de la buvette des alpages. Merci encore à F'Murrr

Désert solitaire

Réflexion après un long week-end

Extrait de "Désert solitaire" de Edward Abbey aux éditions Petite Bibliothèque Payot

Désert solitaire "(…) Ils arrivent en troupeaux, comme les bisons. Ils descendent de la Ville. Un nuage de poussière flotte au-dessus de la vieille route torse et retorse qui va d’ici à la grande route (…). Qu’est-ce que je pourrais leur dire ? Barricadés dans leurs coquilles métalliques comme des mollusques à roulettes, comment pourrais-je libérer ces gens ? L’auto est une boîte de conserve, le ranger du parc est un ouvre-boites.

Regardez par ici, j’ai envie de leur dire, pour l’amour du ciel, les amis, sortez de ces engins, enlevez vos putains de lunettes de soleil et faites tomber les écailles de vos yeux ; envoyer promener ces saletés d’appareil photo stupides ! Pour l’amour du ciel, les amis, que vaut cette vie si, accablés d’emmerdes, nous ne trouvons pas le temps de nous arrêter regarder ? Hein ? Enlevez vos chaussures, ouvrez votre braguette, pissez hardiment, enfoncez vos doigts de pied dans le sable chaud, sentez cette terre âpre et raboteuse, déchirez deux ou trois gros ongles de vos doigts de pied, faites couler du sang ! Pourquoi pas ?

Doux Jésus, chère madame, abaissez votre vitre ! Vous ne pourrez pas voir le désert, si vous n’en respirez pas l’odeur. Poussiéreux ? Bien sûr, poussiéreux – c’est l’Utah ! Mais c’est de la bonne poussière, de la poussière rouge de l’Utah, riche en fer, bonne affaire. Coupez le contact. Sortez de votre boite en fer et étirez vos veines variqueuses ; enlevez votre soutien-gorge, offrez un peu de soleil à vos vieux tétons ratatinés !

Et vous, cher monsieur, vous qui louchez sur votre carte, pendant que votre radiateur bouillant déborde et que votre pompe d’injection est coincée par un bouchon de vapeur, extirpez-vous de votre machine rutilante, de votre ferraille de la General Motors, et faites une promenade à pied – oui, plantez là, un moment, bobonne et la marmaille qui chiale, tournez-leur le dos et allez droit dans les canyons faire une longue marche tranquille, perdez-vous un moment, revenez quand vous en aurez vraiment envie, ça vous fera beaucoup de bien à vous, à elle et à eux. Donnez un peu de répit à vos enfants aussi, laissez-les sortir de la voiture, laissez-les grimper sur les rochers, à la recherche de crotales, de scorpions et de fourmilières – oui, cher monsieur, laissez-les sortir, libérez-les ; comment osez-vous emprisonner des petits enfants dans votre saleté de corbillard sans cheval capitonné ? Oui, cher monsieur, oui, chère madame, je vous en supplie, sortez de ces chaises roulantes motorisées, soulevez vos derrières en caoutchouc mousse, levez-vous, tenez-vous droits comme des hommes ! comme des femmes ! comme des êtres humains ! et marchez – marchez  – MARCHER sur votre terre douce et bénie ! "

Désert solitaire

Ce livre, un des plus beaux inspirés par le désert américain, est un chant d'amour à la sauvagerie du monde. C'est aussi un terrible coup de colère : après avoir connu la vie solitaire et sauvage dans un coin perdu de l'Utah, l'auteur revient dix ans plus tard pour découvrir que, là aussi, le "progrès" est passé. Edward Abbey (1927-1979) est le plus célèbre des écrivains de l'Ouest américain contemporain. Désert Solitaire marqua, lors de sa première publication, un tournant décisif dans la lutte pour la protection de l'environnement. " Un chef-d'oeuvre... Edward Abbey est le gardien du monde " (Yves Berger, La Pierre et le Saguaro). " Le Thoreau de l'Ouest américain " (Larry McMurtry).
378 pages chez "Petite bibliothèque Payot"

Biographie d'Edward Abbey, l'auteur

Edward Abbey (1927-1989), personnage emblématique et contestataire, est le plus célèbre des écrivains de l'Ouest américain. Le succès du Gang de la Clef à Molette, paru en 1975, a fait de lui une icône de la contre-culture et le pionnier d'une prise de conscience écologique aux Etats-Unis. A sa mort, il demanda à être enterré dans le désert. Aujourd'hui encore, personne ne sait où se trouve sa tombe.

Bêêêêstes of

Bêêêêstes of : un nouveau F'Murrr !

Présentation de "Bêêêêstes of Le Génie des alpages" par Dargaud, l’éditeur

Bêêêêstes of le Génie des Alpages de F'murrrIncontournable, intelligent, drôlissime, indémodable et impertinent. Le Génie est tout cela à la fois et afin de célébrer les 25 ans de la série apparue pour la première fois en 1973, dans Pilote, cette édition anniversaire propose une sélection du meilleur du Génie des Alpages.

Une sélection totalement arbitraire, affirmons-le tout net ! Les 15 albums du Génie des alpages regorgent en effet de petit joyaux qui érigent l’humour et le non-sens en Art !

Cette édition contiendra un supplément « pirate » qui réunira les nombreuses recherches et esquisses de F’Murrr (un régal pour les yeux) ainsi que de nombreuses « fausses » couvertures souvent hilarantes. Que du plaisir.

La buvette : Je connais des bergers qui n’ont pas cet humour, trop occupés qu’ils sont à compenser leurs déficits chroniques par des primes remises en question et à tirer les manches des zélus pour soutenir leurs violences visibles et clandestines. Pour se réconcilier avec les tarasconnaises et les béarnaises...

Pour les bigleux et le zournaleux, la buvette cause des vraies brebis et de ce qui tourne autour, l'autre blog parle du Gênie des alpages.

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